APPEL AUX JOURNALISTES

jeudi 3 novembre 2011

Des journaux sacrifiés, nos emplois menacés, nos droits bafoués… Quand la presse et les journalistes sont attaqués, la démocratie l’est aussi !

ORGANISONS LA RIPOSTE UNIE DE LA PROFESSION

Pas un jour, pas une semaine sans qu’un titre vienne s’ajouter à l’interminable liste des rédactions frappées par les suppressions d’emplois : Le Parisien, 51 postes ; France-Soir, 89 ; La Tribune, 17 ; Midi-Libre, L’Indépendant, Centre-Presse, 158 au total ; RFI, 126 ; l’Expansion, 20…

Des titres, jadis prestigieux, comme La Tribune et France-Soir, sont menacés de disparition sous leur forme papier. Quelles que soient les formes de presse, les rédactions se vident au rythme des « réorganisations », des « plans d’adaptation », de la concentration des titres.

On nous dit que c’est la faute à la crise : fuite du lectorat, développement du numérique, multiplicité des supports, immédiateté de l’information, émergence d’un nouveau modèle économique de la presse…

Ne faut-il pas y voir plutôt le fruit des politiques strictement financières et des errements spéculatifs des grands groupes qui contrôlent les medias, au bénéfice quasi exclusif des actionnaires ?

Ne faut-il pas y voir le prétexte à une détérioration sans précédent des conditions de travail des journalistes, soumis comme jamais aux impératifs de la productivité, devenus polyvalents, déqualifiés, déclassés, précarisés ?

Partout, les employeurs tentent d’introduire des dispositions dérogatoires à la convention collective, seule garante des droits sociaux des journalistes, de leur indépendance et de leur statut.

Les journalistes pigistes sont comme d’habitude les premiers visés. Avec le protocole d’étape de 2008 on entend leur refuser le droit au maintien du salaire en cas de maladie, maternité ou accident du travail, le paiement annuel des congés payés et du 13e mois en sus de la pige, le paiement de l’ancienneté entreprise qui s’ajoute au salaire de base, le droit à la formation professionnelle… Si nous laissons faire, c’est toute la profession qui pourrait demain se voir refuser ces droits.

Dans l’audiovisuel public, des « accords d’entreprise » viennent remplacer les anciens avenants à la convention collective, avec à la clé le recul des droits des salariés. Dans les rédactions fleurissent de pseudo « chartes déontologiques », appelées en fait à se substituer à notre convention collective. Les nouvelles technologies sont prétextes à l’apparition de nouvelles fonctions, qui ne servent souvent qu’à installer des journalistes en marge du statut de journaliste professionnel et instaurer une polyvalence généralisée.

Face à cette situation, le Syndicat Général des Journalistes Force Ouvrière lance un appel solennel à la profession.

Une démocratie digne de ce nom a besoin d’une presse libre, indépendante, pluraliste. Mettre en péril l’existence des journaux, c’est mettre en cause le droit à l’information et le pluralisme. Une presse libre et pluraliste n’est possible qu’avec des journalistes indépendants dont le travail n’est pas soumis à la course à l’audience ou aux recettes publicitaires, à la réduction des coûts et des effectifs, aux stratégies des groupes et de leurs actionnaires. Les journalistes doivent aussi bénéficier d’un salaire conventionnel garanti, d’un statut et de droits collectifs leur permettant d’exercer leur métier en dehors de toute pression politique ou économique.

Si nous laissons faire, c’est un véritable basculement de société qui se prépare. A l’image des mouvements qui se sont multipliés ces derniers mois, y compris par la grève dans de nombreuses rédactions (Nice-Matin, La Tribune, le Midi-Libre, L’Indépendant, Prisma, AFP, Le Parisien, France-Soir, RFI…), la résistance est possible. Elle est nécessaire

Le SGJ-FO vous appelle à organiser, partout avec lui, le combat uni pour la défense de nos droits :

- Pas touche à notre convention collective,
- Pas une seule suppression d’emploi, remplacement de tous les partants,
- Abrogation du protocole d’étape pigistes,
- Non à la précarité et à la déqualification.


Brèves

Radio Totem : négociation en bonne voie

samedi 11 septembre 2010

Les déléguées du personnel de Totem ont de nouveau porté à la connaissance de la direction le cas des majorations de salaire pour les journalistes seuls en poste. La direction a pris note de cette nouvelle demande et a promis de l’étudier attentivement. Contrairement à ce qui avait pu être écrit précédemment, les déléguées du personnel indiquent que la prise en compte de l’ancienneté n’est pas un problème constaté au sein de la radio Totem. Chaque journaliste est payé selon les critères et les coefficients établis par la grille de salaire de la convention collective nationale des journalistes. De plus, aucune salariée n’a vu son ancienneté être dénaturé à un retour de congé maternité. Les déléguées du personnel continueront de veiller au respect des conventions collectives, celle de la radiodiffusion et des journalistes.

Négociation salariale 2010 dans les radios privés

lundi 24 mai 2010

Un accord de revalorisation salariale a été trouvé par les partenaires sociaux lors de la négociation du 4 mai.  Cette augmentation s’appliquera de la façon suivante : ­- L’augmentation des valeurs des points A et B de la grille à hauteur de +1,2% ; ­- La date d’entrée en vigueur de cette augmentation sera effective à extension de l’accord par le Ministère soit très probablement au 1er octobre. 

France Soir : la justice valide notre déléguée syndicale

jeudi 21 janvier 2010

Mercredi 20 janvier, le Tribunal d’instance du 8e arrondissement de Paris a confirmé la régularité de la nomination de notre déléguée syndicale SGJ, Aïchouche Belabbas, à la Société des Editions du Nouveau France Soir. Sa désignation de déléguée syndicale par le SGJ lui avait été contestée à deux reprises en 2009. Ayant apporté la preuve qu’une section syndicale était bien constituée, elle a ensuite été attaquée en annulation au motif que l’effectif inférieur à 50 salariés était insuffisant pour disposer d’un délégué. Mais la direction avait validé, en 2006, la désignation d’un délégué CGT. Le juge a estimé que le principe d’égalité de traitement doit s’appliquer. Il a donc rejeté la demande d’annulation du mandat. Après une période difficile, Aïchouche va donc pourvoir exercer sereinement son mandat de défense du personnel.

Reuter : malade donc licencié

mardi 6 octobre 2009

L’agence Reuter ne prend pas de gants avec ses journalistes. Un JRI qui a couvert les grands conflits (Rwanda, Tchétchénie, Afghanistan, Balkans…), est convoqué en entretien préalable au licenciement après une période d’arrêt maladie consécutive à ces reportages. Ne devant pas porter de façon continue une charge supérieure à 5 kg, il est déclaré inapte. La direction décide donc de le licencier sans proposition de reclassement ni formation. Depuis, FO l’aide à s’opposer à ce licenciement abusif. Notamment en contestant l’avis du médecin du travail qui a produit un avis sans même ausculter l’intéressé. Saisi, le médecin de l’inspection du travail s’est étonné d’un tel avis qui a permis à Reuter d’en prendre prétexte pour licencier. Une procédure prud’homale est lancée.

Prisma : accord sur les droits d’auteur

dimanche 4 octobre 2009

Un accord sur la rémunération des droits d’auteur vient d’être signé au groupe de presse magazine Prisma par le SGJ-FO et le SNJ-CGT. Il va permettre à tous les journalistes de percevoir une somme forfaitaire de 250 euros. L’accord prévoit une majoration allant à 150 euros en fonction de l’évolution de l’activité et de ses résultats économiques. Il est signé pour deux ans. Le SGJ-FO va œuvrer pour son amélioration, notamment l’extension de la majoration aux pigistes. Jusqu’à cet accord, les journalistes devaient renoncer aux droits d’auteur. La loi Hadopi aurait conforté cette situation.